Chaque cas d'autisme ou TED relève d'une prise en charge différente.
Néanmoins, si vous vous posez la question d'une intégration scolaire, le plus souvent partielle, voici quelques pistes.
Témoignage de la maîtresse d'école enfantine de Maximilien
Témoignages des enseignantes de Maximilien 2006
Bilan après les deux premières années d'école primaire
Témoignage de l'enseignante de 4ème année primaire de Maximilien (2009-2010)
Depuis le 1er janvier 2008, tout le système d'intégration et d'enseignement spécialisé a été repris par le département de l'instruction publique sous l'égide de l'Office de l'Enseignement Spécialisé OES. Lien:http://www.ne.ch/neat/site/jsp/rubrique/rubrique.jsp?StyleType=bleu&CatId=7299
Toutes les procédures et règlements y sont indiqués, il suffit de naviguer sur les menus à gauche.
"Mode d'emploi"
1.Réunir tous les acteurs de l'intégration avant la rentrée scolaire en fixant une séance entre l'inspectorat, la maîtresse concernée, les parents, l'orthophoniste, l'éducatrice ou l'enseignante spécialisée. Ceci dans le but de clarifier les attentes de tous et éviter les malentendus.
2.Veiller à une bonne communication entre tous les partenaires et ne pas hésiter à exprimer clairement ses soucis et ses frustrations. Il est parfois judicieux pour les parents d'assister à une leçon.
3. Faire le point fréquemment au cours de l'année pour apprécier l'évolution et éventuellement adapter le taux d'intégration.
4.Informer les parents d'élèves des problèmes liés à l'autisme et aux TED en leur présentant votre enfant, par exemple dans une lettre lors de la séance de parents.
5.Savoir aussi que, dans notre canton, l'école n'est pas tenu de prendre un enfant différent car les structures spécialisées ( par ex. Clos-Rousseau ) sont là. Le choix des enseignants est à respecter. Et ceux qui s'engagent pour l'intégration sont à encourager.
Témoignage de Mme L. Dessibourg,maîtresse de Maximilien en 4ème année primaire.
Cette année, Maximilien est en 4ème année. Je l’avais rencontré deux ans plus tôt lors d’un remplacement et j’ai été ravie d’apprendre qu’il serait dans ma classe cette année.
Au fil du temps, j’ai appris à connaître les différents élèves de ma classe. Grâce à la présence de Maximilien, parmi eux depuis quelques années, j’ai découvert que les élèves avaient développé de belles qualités telles que l’entraide, la patience, et la tolérance.
Au début, il nous a fallu un peu de temps, à Maximilien et à moi, pour apprendre à nous connaître. Chacun a dû découvrir et s’adapter au fonctionnement de l’autre. J’ai découvert un enfant cultivé, plein d’esprit et attachant.
Pour Maximilien, les apprentissages scolaires se passent très bien. Les difficultés qu’il rencontre se situent au niveau des interactions sociales.
Il bénéficie de deux périodes hebdomadaires de soutien données en classe par une enseignante spécialisée. Au début, il a fallu que je m’habitue à cette présence. Mais très vite, je me suis rendue compte que cela me permettait de me consacrer davantage aux autres élèves. De plus, c’est une personne avec qui je peux facilement échanger sur des situations que je peux rencontrer le reste de la semaine.
Je dois reconnaître que Maximilien me demande davantage d’attention que les autres élèves. Par exemple, je dois souvent veiller à ce qu’il suive ce qu’on est en train de faire. Par contre, une fois lancé dans un travail, il est tout à fait autonome. Je dois également davantage le gérer pendant les leçons de gymnastique, car l’une de ses difficultés est d’accepter la défaite. Ses crises étaient récurrentes en début d’année, mais je trouve qu’il a fait des progrès notables ces dernières semaines. Les moments de discussion demandent également que je le cadre passablement car il pourrait facilement monopoliser la discussion. Etant passionné par certains thèmes, Maximilien apprécie beaucoup de faire part de ses connaissances à la classe. J’apprécie particulièrement ces moments car chaque fois qu’il termine ses explications, les autres élèves l’applaudissent, ce qui le valorise.
Malgré les quelques difficultés mentionnées ci-dessus, j’ai beaucoup de plaisir à travailler avec Maximilien. Pour moi, cette expérience est très intéressante et enrichissante. De manière générale, cette intégration est également bien vécue par ses autres camarades qui l’apprécient beaucoup. Je pense donc que son intégration est tout à fait adaptée et appropriée pour le moment.
Laetycia Dessibourg
Marin, le 8 février 2010
Témoignage de Mme M. Milardo maîtresse de Maximilien en 1ère et 2ème année primaire.
Août 2006 : C’est avec un peu d’angoisse que je reprends le chemin de l’école. Je vais accueillir un petit autiste dans ma classe et je n’y connais rien !
Il va encore un jour et demi par semaine à Clos Rousseau. Il bénéficie aussi de deux périodes de soutien à l’intégration en classe.
Petit à petit, nous avons appris à nous connaître Maximilien et moi.
Pour les apprentissages, Maximilien ne rencontrait pas de difficulté sauf en écriture (motricité fine). Il travaillait bien et volontiers.
Au niveau du comportement, c’était difficile de savoir ce que je pouvais exiger de lui.
Il s’énervait assez souvent s’il était contrarié (perdre à un jeu, ne pas pouvoir recommencer une activité qui lui plaisait, ne pas pouvoir terminer une activité en cours, ne pas pouvoir réaliser un ex. en gymnastique……etc). Il pleurait souvent.
Petit à petit, j’ai remarqué que je pouvais être ferme avec lui et lui imposer des exigences.
Pour cela, il fallait être clair avec lui.
Il avait besoin de savoir pourquoi il ne pouvait pas faire certaines choses et quand il pourrait les faire.
En septembre, nous lui avons mis par écrit quelques objectifs qu’il devait atteindre en classe.
Par exemple : -mieux accepter de perdre à un jeu
-écouter les consignes jusqu’au bout
-accepter de ne pas terminer une activité etc.
Très vite la collaboration avec l’enseignante de Clos Rousseau s’est mise aussi en place. En plus du travail scolaire, je pouvais compter sur son aide pour tenter de résoudre avec Maximilien, des problèmes de comportements.
Elle a créé avec lui un petit carnet : Que faire si…. ?
Par exemple : Que faire si je ne trouve plus mon crayon ?
- je cherche sur ma table
- je cherche sous ma table
- je cherche dans ma table
- je demande de l’aide à mon voisin (ce point est difficile à réaliser)
- je ne crie pas
- je ne pleure pas
Je pouvais ainsi, à tout moment, faire ajouter une situation mal vécue en classe, dans ce carnet et ensuite y renvoyer Maximilien.
Cela a très bien fonctionné et peut encore fonctionner si besoin est.
Les 2 périodes de soutien en classe m’ont été aussi une aide précieuse.( Ecriture et gestion des jeux !)
En janvier, lors du bilan avec les différents intervenants, nous constatons que Maximilien fait de bons progrès. C’est très encourageant.
En fin d’année, les objectifs scolaires sont atteints aisément.
Maximilien progresse dans son apprentissage de la vie sociale. Il dérange de moins en moins la classe par ses pleurs ou en élevant la voix.
Août 2007 : Maximilien ne va plus qu’un jour à Clos Rousseau.
Les 2 périodes de soutien à l’intégration sont maintenues, en gym. pour ce début d’année.
La rentrée se passe bien. Je connais bien Maximilien et je sais ce que je peux exiger de lui.
Il a toujours besoin d’être bien cadré avec des consignes claires.
La gestion du temps est toujours importante.
L’entrée dans de nouveaux apprentissages (grammaire, conjugaison, orthographe) ne lui pose aucun problème. En math idem. Il est intelligent et comprend très vite.
Rentrée d’octobre : Maximilien est intégré à 100% à l’école et quitte donc Clos Rousseau.
Il apprécie sa nouvelle situation.
Il continue de progresser dans son comportement, parfois il y a de petites régressions.
Il a toujours des difficultés d’écoute lors de leçons orales ou lorsque les copains racontent qqchose.
Il « décroche » très vite. Je dois être attentive et l’appeler pour le ramener dans le moment présent.
Idem pour l’explication des feuilles à faire ; il commence tout de suite et n’écoute pas les explications jusqu’au bout.
Il a de la difficulté à s’intéresser à ce que racontent ses copains lorsqu’ils racontent leur week-end. Il est trop fixé sur ce qu’il a fait lui !
En gym, son comportement s’est bien amélioré et les 2 périodes de soutien se feront en classe dès janvier.
Dans toutes les situations qui le permettent, je tente de le considérer comme les autres élèves.
En avril, nous sommes allés dormir sur la paille. Course d’école à La Chaux-de-Fonds 2 jours.
Tout s’est très bien passé. Maximilien était très intéressé. Il a écouté et respecté toutes les consignes. C’était un plaisir de vivre cette expérience (nouvelle pour moi) avec cette classe.
La fin de l’année approche et c’est avec beaucoup d’émotions que je quitterai cette classe.
Maximilien m’a fait vivre une expérience très enrichissante.
La classe entière bénéficie de cette expérience unique qu’est la compréhension et la tolérance
envers une personne différente.
Très souvent, spontanément lorsqu’un élève est en difficulté un autre est toujours prêt à l’aider.
Les élèves ont aussi dû apprendre à ne plus toujours aider Maximilien !
Il a grandi, progressé et il sait faire beaucoup de chose lui-même.
Il est loin le temps où ils le laissaient gagner pour qu’il ne pleure pas !!!! Bravo
Je souhaite à Maximilien de progresser comme il l’a fait pendant ces 2 années.
Je suis très confiante pour l’an prochain avec ses deux nouvelles maîtresses.
Bonne chance et un grand merci.
Marlène Milardo
Marin le 26 mai 2008
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Témoignage de la maîtresse d'école enfantine de Maximilien
C’est en toute confiance, que j’ai accueilli Maximilien dans ma classe de 1 ère enfantine (4 ans, à mi-temps) en août 2004, car j’avais déjà eu un petit autiste, il y a quelques années.
J’étais loin de me douter qu’il existait plusieurs types d’autisme et je pensais que Maximilien était comme le premier enfant que j’avais eu en classe, il ne bougeait pratiquement pas.
Et bien non… ! Nous avons dû réduire son horaire à un demi jour par semaine et lorsqu’il venait en classe, c’était toujours accompagné d’un adulte, car il fallait s’occuper uniquement de Maximilien et gérer ses crises. Il a fallu un certain temps d’adaptation pour que Maximilien trouve ses repères et tisse des liens d’amitié avec ses petits camarades. Gentiment, nous avons ajouté un demi jour de plus à son horaire en classe.
Tous ses camarades ont appris à le connaître, à l’accepter avec ses différences et surtout à l’apprécier. Cette expérience a été très enrichissante pour tous. Les enfants ont réalisé que tout le monde n’est pas pareil, ils ont appris la tolérance, la patience, l’entraide et Maximilien a même trouvé une deuxième petite maîtresse en la présence de Julie, petite camarade de classe, qui l’a pris sous son aile et qui s’en occupe admirablement encore aujourd’hui.
Nous avons eu plusieurs réseaux dans ma classe et à Clos Rousseau, réunissant toutes les personnes s’occupant de Maximilien : ses parents, l’orthophoniste, Dominique Quinodoz maîtresse de Clos Rousseau, l’inspectrice des écoles enfantines….afin de partager nos expériences positives et négatives, nos doutes, nos espoirs et nos joies.
Aujourd’hui, Maximilien est en 2 ème enfantine et vient en classe le mardi, mercredi et jeudi et à Clos Rousseau le lundi et vendredi, chez Dominique Quinodoz, avec qui j’ai tissé de très bons liens et grâce à cette collaboration nous avons vu Maximilien s’épanouir et progresser d’une manière spectaculaire.
C’est avec un immense plaisir que nous attendons Maximilien le mardi matin. Il s’est complètement intégré à la classe, reste en regroupement, raconte sa petite histoire cohérente, lorsque c’est son tour de s’exprimer, effectue le même travail que ses camarades, accepte de l’interrompre à la récréation et de le reprendre ensuite, gère ses crises, arrive à les maîtriser seul, accepte de partager, de perdre, est venu à une journée sportive à Chaumont, sans Papa, est invité aux anniversaires de ses petits camarades et est même allé passer l’après-midi chez un petit copain. C’est incroyable l’évolution qu’il y a eu en une année.
Voilà, je terminerai par cette petite phrase :
Un jour, j’ai croisé dans mon école un petit garçon qui s’appelle Maximilien. Nous avons fait un bout de chemin ensemble et avons tant appris l’un de l’autre. Maximilien me dit un jour : « mais j’ai tellement besoin de toi ! » Jamais un aussi beau compliment ne m’avait été fait ! Eh bien moi, ce petit garçon va beaucoup me manquer à la rentrée.
Bonne route sur le chemin de ton avenir, mon petit Maximilien.
Bernadette Nicoud
Marin, le 15 février 2006
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Témoignages des enseignantes de Maximilien
L'intégration scolaire de Maximilien en première enfantine (5 ans) à l'école de Marin racontée par les deux enseignantes Bernadette Nicoud, Sonia Broye et Anne Vaytet du service éducatif itinérant de Neuchâtel.
Première matinée, premier contact avec Max, nous découvrons un petit garçon très attachant, intéressé par ce qui l'entoure, pas du tout en retrait. En cours de matinée, il s'avère que l'intégration de Maximilien n' est possible qu'avec un appui. Pour Max, ce début d'année scolaire est riche en changements et en nouveautés ce qui engendre parfois des moments d'angoisse, de trop plein, d'incompréhension exprimés en classe par des « crises ». Au fil des semaines, avec le soutien de la maman de Maximilien, nous pouvons intégrer Max à la leçon de gymnastique un mercredi matin à quinzaine. Avec la collaboration de la commission scolaire de Marin, Max peut rejoindre ses camarades un après-midi supplémentaire ( une des deux enseignantes travaillant à temps partiel vient assister sa collègue.)
Petit à petit, Maximilien trouve ses repères, prend le rythme de la classe, reconnaît ses petits camarades, commence à les appeler par leur prénom. Rapidement, sa maîtresse devient son point d'ancrage, Il l'appelle par son prénom et , la première chose que Maximilien fait en arrivant à l'école, c'est d'aller dire " bonjour Bernadette " ou "bonjour Sonia".
Nous constatons aujourd'hui une bonne évolution tant dans le comportement de Maximilien ( en classe, une crise est à ce jour exceptionnelle) que dans ses échanges avec ses petits camarades et dans le travail fourni. De ce fait, l'appui nécessaire pendant un temps a progressivement pu être diminué. Maximilien montre sa joie de venir à l'école et nous rappelle qu'avant d'être un enfant comportant des troubles envahissants du développement, il est un petit garçon à part entière.
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